Alors que je réécris mon roman, ce sont ces influences éparses que je retrouve. La phantasie de la littérature de la Mittleuropa en premier lieu, les références mêlées aux mythes indoeuropéens et sémitiques en deuxième lieu et, surprise, certains codes narratifs issus de la culture japonaise en troisième lieu. N'ayant jamais dépassé cette "frontière" qu'est l'Oural, on pourrait se demander comment ils me sont parvenus. La réponse est simple pour relever d'un critère générationnel : la télévision.
Comme nombre de petits français, j'ai été nourri par les
fictions nippones que diffusaient le Club Dorothée : Les chevaliers du zodiaque, Dragon Ball, Ken le survivant et autres "animes". Si, en grandissant, la plupart de mes
contemporains n'avait plus d'autre intérêt pour la fiction japonaise que celui de la nostalgie, moi j'ai persévéré. A l'époque où internet ne permettait pas de réduire le temps et l'espace des
tarifs douaniers, j'achetais dans ma boutique de jeux vidéos préférée des figurines excessivement chères, des mangas illisibles et regardais septique ce que des lèvres articulées prononcée en
japonais. A l'ère du streaming et des mangas diffusés en ligne, je visionne et suis de manière assidue de multiples séries pour lesquelles je laisse parfois mes impressions sur Twitter. Parmi mes préférées - et les plus originales - Blame! de Tsumotu Nihei ou Ergo proxy du
scénariste Dai Sato. Plus classiques mais pas moins révolutionnaires : Akira de Katsuhiro Otomo, Le chateau ambulant de Hayao Miyazaki ou
Metropolis du génial Osamu Tezuka. Bien entendu, j'en oublies volontairement des dizaines d'autres mais je désirais, au moins, rendre hommage à celles-ci.
Pourtant, malgré ces références, je n'ai jamais eu une
attirance particulière pour la culture nippone. A l'inverse des sushis girls and boys, mon japonais se limite à quelques mots entendus et répétés. Je n'ai pas le sens du
ridicule pour pratiquer le cosplay et me rendre à des conventions. Ce n'est que bien plus tard, récemment même, que je me suis mis à lire des écrivains nippons, à m'instruire sur le pays du
soleil levant et à envisager un voyage. Probablement d'ici deux ans, si mes projets "professionnels" aboutissent...A l'ère de l'autobiographie, du spectacle démesuré ou de son pendant intimiste, je trouve davantage de codes narratifs dans l'univers manga plutôt que ceux de l'Amérique devenu moralisatrice et l'Europe qui n'a plus que son passé pour pleurer. Cette affirmation n'est pas synonyme d'acculturation comme je l'ai expliqué précédemment. Je garde pour moi mes cultures multiples et mon enracinement certain dans une sphère de conscience. Pour élever le propos, j'ai mon "idée de monde", certes liée à mes références mais autonome envers celles-ci. C'est davantage d'une sensibilité artistique partagée qui me rapproche des créateurs japonais : mangaka, réalisateurs et écrivains. Exception faite de la musique nippone que je trouve encore plus niaise que les chansons d'amour grecques. C'est dire !

