Les poésies publiées précédemment sur cet espace (Grey art et Kafka's bug) interviennent autrement qu'une simple tentative d'écriture en anglais. Elles sont le résultat d'un plus large exercice pour lequel je me devais d'oublier les codes syntaxiques du français, et ce, afin d'opérer une innovation en matière stylistique. Cet exercice n'avait là d'ambition que de me rapprocher au plus près de la substance sensible qui s'égard, parfois, lorsque l'on est un romancier fort conceptuel : l'action. Car à l'inverse du français qui est une langue introspective, l'anglais a pour elle une résonance sensible dans l'action que j'ai essayé de saisir. Pas la peine de développer davantage ces aspects techniques tant la tentative fut vaine, je dois l'admettre. Aussi, mes poèmes en anglais ressemblent à s'y méprendre à leurs congénères en français ; probablement le niveau de langue et la subtilité en moins. Encore que, si le succès me permettait d'exporter ma prose, j'aurai pu considérer l'expérience comme une approche différente plutôt qu'un raté...
Pourtant cet exercice m'a amené à quatre conclusions. La première est l'abandon de ma part et à l'avenir de toute idée d'expériences stylistiques. Ainsi faut-il croire qu'il y a des traits qui ne s'effacent plus avec l'âge, tout juste dévient-ils lentement. La deuxième étant que, même si mon anglais est pour l'instant lacunaire, j'arrive néanmoins à baragouiner quelques mots intelligibles et vaguement littéraires. La troisième, rejoignant la troisième, veut que je persiste dans mon exploration de la langue anglaise pour que s'en dégage un style différent, quoi qu'un peu semblable j'espère, à celui en français. La quatrième, couronnant les deux précédentes, fait que l'expérience m'amène à considérer de nouvelles possibilités. Le népotisme qui règne dans l'édition hexagonale m'oblige à abandonner des histoires et thématiques qui, pourtant, seraient susceptibles d'intéresser les lecteurs. Aussi, et sans remettre en cause cette langue française qui parle à mon esprit autant qu'une autre parle à mon âme, l'anglais pourrait être un véhicule intéressant pour une littérature plus légère mais néanmoins créative.