Mercredi 3 février 2010
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Regarde derrière la porte,
épis la noirceur à son seuil.
Sombre, il se fait pourpre
et toi invariablement seule.
Plus que vaines, tes vies
sont tranchées et le sang
abonde comme cette trachée
qui s'égosille au nom
d'une autre, d'une énième, d'un deuil
aux cicatrices virginales
qui tâchent ton linceul.
L'amour est mort
et ta vie s'en est achevée
au moment où l'heure
s'est évadée et le temps
a sombré dans la nuée.
Regarde le, regarde le bien,
il n'est plus qu'un spectre
sur l'âge des années,
une illusion qui n'a,
probablement, jamais existé.
La serrure comme cogito
ergum sum, tu panses
et tu nais à l'horizon des civilisations
légendaires et les légendes
qui se font, pardonne-moi, éphémères.
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Dimanche 24 janvier 2010
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22:51
N'ayant aucun cliché décent, habillement pris par mes proches, ni les moyens de me payer une séance chez un photographe qui capturerait ma "sensibilité artistique", je me suis amusé à retoucher
une vieille photo afin d'afficher , tout de même, mon visage sur ce site et bon nombre de réseaux sociaux.
Le narcissisme faisant, je n'arrive pas faire un choix. C'est pourquoi, mes chères lectrices et mes chers lecteurs, je vous inviste à vous prononcer sur le faciès que vous pensez correspondre le
mieux à ma personnalité, à mon esthéticisme, avant qu'un succès de librairie exige de moi un cliché un peu plus "convenable" et bien moins ressemblant.
Portrait 1
Portrait 2

Portrait 3
Portrait 4

Portrait 5

Portrait 6

Portrait 7

Portrait 8
Vendredi 22 janvier 2010
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13:05
Comme monsieur Jourdain qui se rend compte qu'il dit de la prose depuis quarante ans, n'importe qui serait à même d'écrire de la poésie car il pratique la rime. Deviennent poètes les adolescents
en crise existentielle, les chanteurs "à texte" (il vaut mieux d'ailleurs), les slammers, les romantiques du quotidien et les ménagères. Inversement, les étagères consacrées à la poésie dans les
librairies sont désertées. A l'exception de quelques grands classiques qu'achètent, malgré eux, les collégiens et les lycéens, il n'existe plus de poètes en-dehors de ce mémoriel entretenu par
l'éducation nationale. La poésie est un art qui a un pied dans la tombe et l'autre qui se font dans l'oubli. La poésie est morte.
Ma réflexion sur cet art mortifié exige de faire une autopsie. Peut-être car, à l'origine, elle se confond avec la prière, le désenchantement du monde analysé par Marcel Gauchet atteint ce genre
littéraire par ses racines. Toutefois, depuis la Poétique d'Aristote, on différencie une poésie "profane" d'une poésie "sacrée". Si le mal n'est pas endémique, d'où provient-il ? Plusieurs
symptômes expliquent cette lente déchéance amorcée dans la seconde moitié du XXe siècle pour que la poésie meure en ce début du XXIe siècle. Parmi ceux-ci, je vois deux raisons majeures au-delà
des talents individuels. En premier lieu, l'édition et de nouvelles logiques propres à ce secteur a fini par précipiter la poésie en un genre mineur, totalement délié du marché. C'est un état de
fait que l'on peut déplorer mais qui est indubitablement lié à cette deuxième raison qu'est un changement de société a entraîné. Sans reprendre la thèse de Marcel Gauchet dont je faisais
référence auparavant, c'est davantage dans la déperdition de l'esthétisme qu'il faut y voir ce changement notable. Et bien plus qu'une déperdition dont les valeurs post-matérialistes appréhendent
l'art comme un moyen d'être et non une finalité en soi d'exprimer l'idée sensible, la poésie est touchée - comme tout genre littéraire - par la confusion entre le "beau" et le "bien". Cette
confusion apporte la platitude du moment comme le moyen d'être délie les artistes de la pratique pour leur consacrer un statut social illusoire. Mais ce qui touche la littérature est d'autant
plus dramatique au niveau du genre poétique dans la mesure où, sensible et expressive à son paroxysme, elle ne peut plus amorcer sa mue pour convenir aux logiques mercantiles. Certains chanteurs
comme Georges Brassens ou Leonard Cohen ont adapté leur poésie à la musique. D'autres, comme Emir Kusturica, l'ont induite dans le cinéma. Quand, finalement, certains écrivains parsèment leur
roman de poésies à l'exemple de Salman Rushdie pour ne citer que lui. Bien que ces artistes aient un succès certain, ça n'empêche que la poésie, genre littéraire, n'existe plus en tant que
tel.
Alors, que faire ? Probablement, donner au poète une autre image que celle représentée dans la société, passer outre les logiques commerciales et, surtout, réhabiliter la démarche esthétique qui
différencie les vers de ces phrases à rimes. En cela, si la poésie appartient à tout le monde, il persiste une séparation entre ce genre littéraire et une langue qui se veut poétique. C'est dans
la réhabilitation du genre que la langue s'en trouvera, au final, amélioré. Pour le moment, on ne peut que regretter la mort de la poésie mais, pour en écrire et vous en faire part suffisamment
sur cet espace, je forge un espoir messianique dans la renaissance de cet art.
Publié dans : Ecriture
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